Mystère à l’Abbaye

Minuit sonne à l’abbaye de Saint Bernardin.

Mes frères Réré, Trépidus, Salacius, Forestus et moi-même regardons la cloche avec envie…Qui sera le prochain à la secouer ? Il faut dire qu’outre le plaisir évident de secouer un si bel engin, c’est le rituel qui l’accompagne qui nous sied particulièrement, avec le vin de messe bu avec une modération bien connue et évidente, et le cantique dédié au Saint patron de notre bel abbaye.

Chacun a sorti sa plus belle robe et se concentre pour résoudre l’énigme ô combien étonnante de l’assassinat de frère Anselme…

Gros ou maigre, glabre ou barbu, hospitalier, bénédictin ou franciscain ? un Cluedo façon Nom de la Rose, donc avec l’ambiance en prime !

Chacun possède des cartes qui lui permettent d’innocenter un certain nombre de suspects. La mécanique du jeu tourne autour de la circulation de cartes, resserrant progressivement l’étau autour du coupable…Des questions sur la main des autres peuvent être posées à voie haute. L’enjeu étant de poser des questions qui n’avantagent pas tout le monde, pour isoler le coupable avant les autres…On peut faire quelques crasses en visitant les cellules de ses congénères, ou dénoncer publiquement le coupable, ou tout au moins un de ses attributs. S’y ajoute par-dessus quelques événements aléatoires (que le vin de messe nous a fait oublier) pour ajouter un peu de piment à la chose.

C’est le Frère Forestus qui se fera remarquer en annonçant fièrement au Père Abbé que le coupable est un Hospitalier. Il reviendra à la charge en le déclarant barbu.

Mais à la surprise générale c’est un autre barbu, le Frère Réré qui prendra tout le chapitre de court en dénonçant le coupable, un obscur hospitalier barbu dont l’histoire n’a pas même retenu le nom. Le fourbe Réré ayant gardé jalousement une carte inaccessible…Les mauvaises langues le soupçonnent même d’avoir planqué ladite carte sous sa robe…mais nous n’en saurons pas plus.

Un excellent moment de détente, même si la fatigue dûe à l’âge canonique de l’assemblée a eu raison des ardeurs. Ce même jeu joué dans des conditions « standards » n’aurait à coup sûr pas eu le même impact.

J’espère que nous y retournerons dans cette Abbaye…

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